Une exposition à ciel ouvert dans les Jardins

Une collection inédite et chaque année renouvelée d'une cinquantaine d'oeuvres contemporaines d'artistes locaux et internationaux, à découvrir en suivant notre balade des sculptures.

Urs Twellmann

C’est en 1997 qu’Urs Twellmann trouve sa vocation : après un passage à l’école d’Arts Visuels de Berne, sa ville natale, il s’envole pour New York et étudie à l’école de Beaux Arts, Art Students League. Puis, il achève sa formation au Manhattan Graphic Center. C’est par la photographie et la sculpture que cet artiste s’exprime aujourd’hui.

L’inspiration du scuplteur vient de ses expériences ; il crée des objets et des installations en bois, puis il les amène dans son atelier qu’il surnomme son « laboratoire ». C’est en ce lieu que se révèlent les caractéristiques de son matériau de prédilection et où se dessinent les contours de ses futures œuvres. C’est finalement à la tronçonneuse qu’il façonne et sculpte jusqu’à l’intime conviction que son œuvre est achevée.

De toutes tailles, les œuvres d’Urs Twellmann ont voyagé sur tous les continents à travers ses expositions, où il a reçu de nombreuses récompenses.

www.twellmann.ch

Etienne Krähenbühl

Né en 1953 à Vevey Étienne Krähenbühl est un sculpteur issu de l’École des Beaux-Arts à Lausanne. Il s’est en- suite formé à Paris et à Barcelone avant de s’installer dans son laboratoire de l’imaginaire à Yverdon où il défie les lois de la physique. Malgré l’effort que demande le travail du métal, des tonnes d’acier trouvent sous sa main une légèreté suggérant l’en- vol vers d’autres univers. Dans le contraste, le relief et le reflet du métal, l’artiste écrit ses rêves et évoque un lointain mystère. Il utilise des matières qui lui sont proches et exploite leurs états: vide/plein, poli/corrodé, souple/rigide.

Étienne Krahenbühl a deux axes favoris d’exploration des états de la matière: l’un part des jeux du temps et de l’eau sur le fer, l’acier ou même le papier, l’autre s’inscrit dans la nouveauté par l’usage de matériaux inédits tels que les alliages mémoire de forme ou alliages super élastiques en nickel-titane.

Lauréat du prix de la Fondation Sandoz en 2009, Étienne Krahenbühl a réalisé avec ce prix une œuvre intitulée Bing Bang. Il s’agit d’une sphère métallique cinétique et sonore de 3.50 m de diamètre. Elle s’exprime par un phénomène de pulsations et de respirations, comme un écho poétique à notre univers. Bing Bang est exposée dans les jardins de Vullierens depuis 2011.

Image ci-contre : depuis 2016, l'oeuvre "Légère Lévitation" s'est invitée dans nos Jardins.

http://www.ekl.ch/

Beverly Pepper

À plus de 90 ans, Beverly Pepper crée encore et toujours. Une évidence, voire une obstination, qui lui vaut d’être régulièrement comparée à Louise Bourgeois et Louise Nevelson. Si elle admire ses deux acolytes, elle ne se considère pas comme une sculpteur. Elle se plaît à ne pas avoir de statut, si ce n’est celui de «travailler le métal comme s’il était du papier». C’est que la grande dame, installée depuis plus de 50 ans en Ombrie, a fréquenté avec acharnement les fonderies de toute l’Italie pour pouvoir enfin déclarer que le matériau lui a confié tous ses secrets.

Le parcours de Beverly Pepper est jalonné de coups du destin et d’une bonne dose d’audace. En 1949, par exemple, elle quitte Brooklyn et la vie qu’elle y mène pour tout recommencer à Paris et étudie à l’Académie de la Grande Chaumière. Elle qui se voyait plutôt comme peintre, décide de se mettre à la sculpture du bois en 1960, puis saisit sa chance en 1962 quand Giovanni Carandente, curateur de l’exposition «Sculptures dans la ville», lui demande de faire l’expérience de la soudure, de façonner et sculpter le métal. Elle accepte et se met rapidement au travail pour acquérir le talent qu’on lui connaît aujourd’hui, mais qu’elle n’avait alors jamais pratiqué! Elle fut la seule femme à exposer parmi de grands noms tels que Henry Moore, Alexander Calder ou David Smith.

My Twist
Pepper fait ainsi honneur à ce jubilé avec sa sculpture My Twist. Elle est la première artiste femme qui expose dans les Jardins et My Twist franchit pour la première fois les frontières helvétiques! My Twist, créé pour la 54e biennale d’art de Venise, voit la vie en monumental et surpblombera les jardins de ses 5 mètres, le temps, éphémère des Floralies. Et comme Pepper aime à le rappeler, ses sculptures sont des sentinelles qui attendent. Elles ne prendront vie qu’à l’arrivée des visiteurs, par leur regard et leur force d’interprétation.

www.beverlypepper.net

Mireille Fulpius

Artiste plasticienne, Mireille Fulpius est née à Genève le 2 février 1951. Jeune diplômée de l’Ecole des Arts Visuels de Genève, elle commence son activité artistique par le travail du métal, matière qu'elle travialle pendant une dizaine d'années.

L’opportunité d’installer son atelier dans une friche industrielle début 90 a modifié considérablement ses méthodes de travail et ses repères spatiaux. Ces mêmes années, la redécouverte du bois qui devient son support de prédilection marquera un tournant décisif dans sa pratique artistique. Depuis une vingtaine d’années, Mireille Fulpius donne naissance à de volumineuses structures environnementales chaque fois inédites, réservoirs d’énergie dit-elle qui dialoguent avec les énergies de rythmes naturels de l’environnement.

Paradigme
Paradigme
est une œuvre architecturale de 10 mètres sur 50 qui surprend dans l’environnement classique du Domaine de Vullierens. Ce labyrinthe monumental paraît désorganisé, chaotique, complexe. On aborde la structure par son imposante façade de près de 100 m2.
Puis on découvre l’exubérante forêt, fruit d’un assemblage hétéroclite de lambourdes d’épicéa. Un vaste cylindre nu, tendu vers le ciel, est accessible par un tunnel étroit taillé dans une intrication de branches. L’ensemble figure un habitat unique en son genre, un espace hors norme où se tenir et se reposer. Cette architecture poétique s’inspire du ‘’berceau’’ de l'oiseau connu sous le nom de "Jardinier Satiné", constitué de brindilles savamment érigées, qu’il fabrique pour s’assurer un avenir fécond.

www.mireillefulpius.com

Laurent Dominique Fontana

Laurent Dominique Fontana est né en Suisse, il a étudié à l’Ecole d’Architecture et à l’Ecole des Beaux-Arts de Genève. Son travail est présent dans des collections privées et musées en Espagne, aux Etats-Unis, en France, en Italie, au Japon, au Pays-Bas, en Russie et en Suisse.

Son œuvre aborde souvent la tension tragique qui traverse la condition humaine : la douleur, l’amour, la solitude, la détermination. Ces caractéristiques se retrouvent dans son travail de sculpteur ; une lutte corps à corps avec des matières essentielles : la pierre, le bois et le temps. Dans ses traductions de l’humain, il y a toujours un mouvement paradoxal : des figures masculines et féminines, en guerre ou en rêve, traversant le vide de l’espace dans l’intensité des gestes, infinis, voluptueux, tendus, insaisissables comme la vie.

Au bord des anciennes douves, sous les tilleuls centenaire, trois figures de pierre expriment l’amour, la force, la volupté. Loin des parterres fleuris, ces trois sculptures en grès coquillé, un couple de 2 mètres 50 et deux figures de 1 mètre 70 de haut semblent rêver dans la blondeur de leur matière.

www.sculpture.ch

Christian Lapie

Christian Lapie a étudié à l’École des Beaux Arts de Reims (1972-1977) puis à l’École Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris (1977-1979). D’abord peintre, il utilise de la craie, des oxydes, des cendres sur de grossières bâches montées sur des châssis rudimentaires. Puis les matériaux évoluent et deviennent tôles, ciment, bois calcinés. C’est un séjour de création dans la forêt amazonienne qui lui donne l’élan de passer aux sculptures monumentales. En Champagne où il vit, des figures de bois brut et calciné viennent illustrer l’histoire sanglante de cette terre de combats de la Première Guerre mondiale. Universelle, sa thématique est riche d’une réflexion sur notre rapport au monde et à notre propre identité. Ses techniques de travail, élémentaires, voire rudimentaires, scellent l’image mémorable, tout à la fois proche et lointaine, d’un irréductible «être au monde». Les artistes qui vouent leur œuvre à l’intervention sur le paysage sont, par la force des choses, des artistes nomades. Christian Lapie n’échappe pas à la règle : depuis une dizaine d’années, il est appelé à intervenir dans le monde entier.

L’œuvre de Christian Lapie questionne notre mémoire individuelle et collective. Ses installations de figures spectrales naissent sur des lieux choisis, empreints d’histoire. Ses sculptures ont une même façon d’occuper l’espace. Elles l’investissent. Elles l’emplissent. Sans bras ni visage, silencieuses et puissantes, elles interrogent et déstabilisent. Parce qu’il est arbre, l’homme de Christian Lapie est souvent immense, surplombant le spectateur, sans l’inquiéter, estime l’artiste, malgré sa stature et sa noirceur, car il y a quelque chose de rassurant, de pacifique, dans la compagnie des arbres. Telles des sentinelles placides et immuables, ils témoignent d’un passé, incarnent une souvenance vécue à l’échelle personnelle comme une humanité.

Neuf groupes de sculptures présentés dans les Jardins.

http://www.christianlapie.net/articles/oeuvre/references/387/exposition-de-sculptures/reference

Eric Sansonnens

L’œuvre d’Éric Sansonnens nous invite à dépasser l’observation de la complexité apparente du matériau pour aller en profondeur, scruter l’origine de l’anarchie, de creuser l’essence de la matière. La médiation de l’artiste consiste à livrer le monde non pas comme il est, mais comme il le voit.

À ce titre, le premier métier d’Eric Sansonnens, la menuiserie, a laissé une empreinte: le respect absolu de la matière première. Avant tout, Éric rencontre sa pièce. L’arbre qu’il utilise pour créer n’est jamais arraché à ses racines, mais sélectionné parmi des troncs déjà coupés. Une fois son choix effectué, le sculpteur parcourt le bois. Il en explore les structures, éprouve ses résistances, en repère les faiblesses. Alors, il peut offrir une seconde vie à un végétal destiné à être brûlé. Dans un corps à corps violent, bruyant, Éric façonne la matière à la tronçonneuse. Ce faisant, une armature abstraite surgit du bois. L’art imite la nature, mais à travers le prisme de la perception du sculpteur. L’approche d’Éric Sansonnens jette un pont fruste entre les structures complexes du bois et l’inconscient de l’homme, lequel a scruté ses émotions pour faire émerger des formes élémentaires. Et il offre au spectateur un accès direct à son univers, sans aucun renfort d’explications externes. Il donne à voir une vision de la réalité sans s’attarder à la simplifier pour satisfaire notre esprit.

http://www.ericsansonnens.ch/

Manuel Torres

Manuel Torres est né à Malaga en 1938. Il arrive à Genève en 1960, laissant derrière lui l’Espagne où le chômage sévit. Il est engagé à l’Atelier des Charmilles comme ouvrier métallurgiste et commence, sans en avoir conscience alors, une carrière exceptionnelle de sculpteur sur métal. Torres se passionne pour la sculpture à ses heures perdues. Mais l’artiste acquiert très vite un savoir-faire technique hors du commun, et son intérêt grandissant pour le travail du métal le conduit dès 1971 à se consacrer exclusivement à la création artistique. Il installe son atelier dans la campagne genevoise. Travailleur acharné, Torres cherche à  faire ressortir l’âme du métal, comme il aime à le dire. Réalisées en acier inoxydable ou en fer, ses œuvres publiques, souvent monumentales, se composent  d’éléments géométriques  imbriqués évoquant la dualité homme-femme, l’enlacement, l’étreinte. Sensuelles et poétiques, toujours d’une haute portée symbolique, ses sculptures animent plus d’une vingtaine de parcs, rues et établissements publics à Genève et en Suisse. Depuis une vingtaine d’années, l’artiste travaille aussi le fer oxydé ou noirci et dresse vers le ciel de longues silhouettes hiératiques que lui insuffle sa fascination pour l’Egypte. Après plus de quarante ans de travail, sa renommée a largement dépassé nos frontières et ses œuvres figurent dans de nombreuses collections privées et fondations de prestige. Les œuvres de Manuel Torres sont présentes dans les Jardins du Château de Vullierens depuis plus de 15 ans.

Herbert Mehler

Né en 1949 en Allemagne, Herbert Mehler débute auprès de son père, sculpteur de bois avant d’intégrer l’académie des arts plastiques de Nuremberg où il recevra en 1976 un prix distinguant les nouveaux talents. De 2003 à 2009, il crée la première série des «Kavex» qui combine les mots allemands pour «concave» et «convexe». Il utilise des lames d’acier Corten pliées, découpées selon des formes issues de l’observation de la nature et leur applique les mathématiques et la technologie. Il élabore ainsi des sculptures biomorphiques, allégories de la beauté organisée du monde naturel. Identifiables comme étant liées à des évolutions technolo- giques récentes, ses oeuvres s’harmonisent pourtant parfaitement avec les lignes anciennes comme celles d’un cloître gothique. Les deux ères dialoguent, surmontant des limites spatiales et temporelles.
Dès 2010, Herbert Mehler débute une nouvelle série: «Apsida», du mot de grec ancien pour «l’arc». Ces nouvelles créations se déplacent symétriquement créant librement une forme ouverte.

Par contraste avec une sculpture modelée qui communique sa masse et son volume dans l’espace, ces oeuvres prennent leur dimension dans la mobilité. Le spectateur expérimente l’inter- dépendance entre le temps et l’espace. La ligne devient la forme d’un mouvement, tandis que le mouvement est une manifestation du temps. La grâce émerge de la tension entre les formes organiques et artificielles, qui com- muniquent de manière nouvelle. Les lois de l’esthétique s’affranchissent du temps et de la matière.

http://www.herbert-mehler.de/

Beat Kohlbrenner

Beat Kohlbrenner est né à Zürich en 1948. Sculpteur autodidacte, il commence par travailler le bois et participe au Symposium Suisse de la Sculpture à Zürich en 1972. Il voyage en Amérique et en Afrique et participe à plusieurs expositions. Par la suite, sa matière de prédilection devient le granite et le marbre du Tessin.

www.beatkohlbrenner.com

Edoardo Villa

Edoardo Villa naît à Bergame en Italie en 1915. Il a vécu de nombreuses années en Afrique du Sud où il est décédé en 2011. Il acquiert une formation de sculpteur à Bergame et à Milan, puis participe à plus de dix biennales dont celles de Venise, Sao Paulo et Valparaiso entre 1956 et1983. Son travail est exposé à travers le monde entier.

En 1995, le musée Edoardo Villa a ouvert ses portes à Pretoria à l’occasion de son 80e anniversaire. L’univers et l’être humain sont les thèmes centraux de son travail. Si à première vue beaucoup de ses oeuvres semblent complètement abstraites, en réalité, leur conception est totalement figurative. Il n’y a pas chez lui de dichotomie entre l’art classique et l’art moderne. Le travail de Villa reflète tant son origine européenne que sa connaissance intime de l’Afrique. La structure, les attitudes, la position et les relations dans ses oeuvres apparemment les plus abstraites sont toujours des allusions à l’être humain.

Villa a travaillé principalement l’acier, mais a également réalisé des oeuvres en bronze puis a utilisé des formes extraites d’objets en polystyrène.

www.artnet.com/artists/edoardo-villa/